Le mobile et la santé

Avec plus de 61 millions d’utilisateurs en France, le téléphone mobile fait partie de notre quotidien. Le développement rapide de l’utilisation des téléphones mobiles et la construction des antennes-relais ont suscité des inquiétudes sur les éventuels effets sur la santé que leur utilisation pourrait engendrer. Y-a-t-il des risques et  comment réduire son exposition aux ondes quand on téléphone ?

L’état de la recherche

Si la téléphonie mobile suscite des craintes, les ondes radio ne sont pourtant pas récentes et sont utilisées depuis de nombreuses années pour d’autres applications comme la radio ou la télévision. 

Depuis plusieurs décennies, le domaine des radiofréquences fait l’objet d’un nombre conséquent de recherches scientifiques. Bien qu’aucune preuve scientifique ne permette de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque pour la santé, cette hypothèse ne peut définitivement être exclue. Le recul est encore insuffisant (le mobile n’est vraiment utilisé que depuis 15 ans). Cela justifie la poursuite des recherches. C’est pourquoi le ministère de la Santé préconise une approche de précaution pour le téléphone mobile. Concernant les antennes, en revanche, les autorités sanitaires concluent d’ores et déjà à leur innocuité pour la santé des riverains.

A l’échelon européen, c’est le SCENIHR (comité scientifique des risques émergents et nouveaux) qui est chargé par la Commission européenne d’analyser les études scientifiques et de produire des avis sur les risques liés aux champs électromagnétiques. En France, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) est chargée du suivi et de la mise à jour des connaissances sur le sujet des ondes et de la santé.

Ecouter l’interview de Jérôme Bonaldi répondant à la question « Téléphonie mobile et antennes : quel impact sur la santé ? »

De nombreuses personnes se sont inquiétées des risques de cancer, en particulier en raison de la proximité entre le téléphone et la tête. Le dernier avis de l’AFSSET, en octobre 2009, rejoignant l’avis du SCENHIR de février 2009, a rappelé que : « A ce stade, il n’existe pas un niveau de preuve suffisant pour conclure à l’excès de risque de cancers liés à l’exposition aux radiofréquences sur la base des études épidémiologiques disponibles. Des interrogations subsistent en particulier pour les risques à long terme ».

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les autorités sanitaires indiquent qu’aucun danger pour la santé n’a été établi en dessous d’une exposition de la tête et du tronc à 2 W/kg. Cette limite a été établie dans l’objectif d’assurer la sécurité sanitaire des utilisateurs de mobile. Elle a été fixée avec un coefficient de sécurité important pour couvrir d’éventuels effets à long terme.

Bien utiliser son mobile

Bien utiliser son mobile

Utiliser un kit oreillette

Pour réduire l’exposition aux ondes radio, les autorités sanitaires recommandent d’utiliser un kit oreillette (filaire ou bluetooth) pendant les communications téléphoniques. Le kit permet d’éloigner le téléphone de la tête et diminue, de ce fait, l’exposition aux ondes radiofréquences.

Il existe deux types de kits :

  • Le kit oreillette filaire, qui permet de diviser par 10 au moins l’exposition aux ondes radio par rapport au Débit d’Absorption Spécifique (DAS) du téléphone mobile.
  • Le kit oreillette bluetooth permet quant à lui de diviser par 100 en moyenne l’exposition aux ondes radio par rapport au Débit d’Absorption Spécifique (DAS) du téléphone mobile.

L’AFSSET conseille de choisir un téléphone mobile à faible DAS

Le DAS d’un mobile est le niveau maximal d’ondes radio auquel on peut être exposé en utilisant cet appareil à pleine puissance. Plus le DAS d’un téléphone mobile est faible, plus le niveau maximal de l’exposition aux ondes radio sera faible. Les constructeurs fournissent dans les notices de chacun des appareils le DAS que les opérateurs relaient dans leurs boutiques, leurs brochures et leurs sites web.

Quand nous téléphonons avec un mobile, celui-ci émet des ondes radiofréquences. Voici quelques gestes simples qui permettent de réduire l’exposition aux champs de radiofréquences émis par le téléphone mobile.

Zone de mauvaise réception ?

Dans les zones de mauvaise réception, le téléphone mobile fonctionne à puissance maximale pour maintenir la qualité de transmission. Dans ces zones (à l’intérieur d’un véhicule, d’un ascenseur, d’un parking souterrain ou simplement dans un secteur mal couvert par le réseau), l’appareil augmente sa puissance et donc le niveau d’exposition.


Réduire les ondes

Les autorités sanitaires conseillent de téléphoner de préférence dans les zones où la réception radio est de bonne qualité. 

La qualité de la réception radio est indiquée par le nombre de barrettes sur l’écran du téléphone.

L’utilisation du téléphone mobile par les enfants

Pour l’OMS et les autorités sanitaires, aucun danger pour la santé n’a été établi en dessous d’un DAS de 2 W/kg ; et ceci vaut pour les adultes comme pour les enfants. Elles indiquent cependant que les recherches doivent se poursuivre afin de mieux prendre en compte  les spécificités des enfants qui sont en phase de croissance. En France, le ministère de la Santé invite les parents à la prudence et conseille une utilisation modérée du téléphone mobile par les enfants.

Femmes enceintes et adolescents

Lorsqu’elles téléphonent avec un kit oreillette, il est conseillé aux femmes enceintes d’éloigner le téléphone du ventre et aux adolescents de l’éloigner du bas ventre, par principe de précaution.


Alors, peut-on vraiment faire cuire du pop-corn avec des téléphones portables ? La réponse de Jérôme Bonaldi.

Pour en savoir plus vous pouvez également consulter les fiches d’information de l’ISPED (Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement)